mercredi 8 décembre 2010

let's Goa


Apres une derniere pause chay, nous quittons le Kerala pour le Karnataka sans remarquer de changements marquants sinon que les quelques mots de malayalam difficilement appris sont desormais inutiles.
Le premier soir, tous les hotels refusent de nous loger en l'absence de formulaire C (autorisation de loger des etrangers). Des villageois nous orientent vers un endroit qui, pensent-ils, nous acceuillera. Nous voila dans un "surfing ashram". On aura tout vu. Ces fils de la bonne bourgeoisie de Bombay en quete de spiritualite via la pratique du surf et du beach-volley refusent que nous plantions la tente dans leur immense jardin. Ils nous proposent une chambre pour la modique somme de 40 euros. Peace. (Liste non exhaustive des endroits ou notre tente a ete refusee: maisons privees, caserne de gardes forestiers, ecole, hopital ayurvedique, station essence, eglise - rotis en enfer, pere superieur de l'eglise st-Vincent de Paul! - maison de repos gouvernmentale... l'hospitalite indienne prend parfois des allures kazakes) Nous nous resignons donc a nous installer dans l enceinte d un petit temple hindou. Le voisinage, d abord mefiant, est vite apprivoise et on finit par demenager dans la cour d'une famille qui nous offre le souper. L'Inde est aussi epuisante que belle et c'est souvent au moment ou on commence a la detester qu'elle nous reserve de belles surprises.

Des le lendemain, les burquas laissent progressivement la place aux saris colores et aux sourires. Nous decouvrons Murdeshwar et son immense temple. Beaucoup de pelerins et, pour la premiere fois, de mendiants et d'enfants-mouches.


Le Karnataka est traverse en quelques jours. La route devient jolie et la circulation moins dense. Le temps de traverser quelques cours d'eau en barque-ferry (parfois acrobatique avec les velos), de profiter des routes cocotieres, de visiter un fort et de dormir dans une eglise, nous voici dans l'etat de Goa.

Le choc! Depuis plusieurs semaines, nous roulons sans croiser un seul blanc ni une seule bouteille de biere sinon derriere les grillages des rares magasins gouvernementaux (les bouteilles, pas les blancs). Et nous voila entoures de bars, croisant des occidentaux a moto tous les 500m. A Goa, acheter sa moto est un must (Seuls les Russes et Manu louent des scooters). Pourtant, l'ambiance n'est pas vraiment Easy rider. Les hippies a Goa, c'est fini (c etait la croix la banniere pour trouver un joint, c'est dire).

Et les raves aussi d'ailleurs. Restent de belles plages, une certaine douceur de vivre et des stations balneaires qui seront full dans 2 semaines. Nous decidons de nous offrir une belle semaine de vacances. Ne souris pas, lecteur salarie.

Nous profitons donc des plaisirs de Goa depuis 10 jours en bougeant de temps en temps. Cela nous a permis de decouvrir Palolem, plage tres belle mais trop touristique, des villages balneaires pour la classe moyenne russe (les menus sont traduits en alphabet cyrillique et des hommes bedonnants balladent leur femme en short ultra moulant), le quartier colonial portugais de Panjim ou encore, la ville d'Old Goa le jour de la st-Francis, la plus grande fete chretienne de l annee. Et Arambol, petite plage encore sympa ou nous logeons dans une hutte en face de la plage. Chaque soir, des rastascools et des filles deguisees en indiennes s'eclatent au son des djembes sur la plage et chaque matin, un gars en string fait son yoga devant notre bangalow a cote de memeres squeletiques mais en pleine forme qui s adonnent au hoola hoop. Comique.



Je me confesse: une fois, une seule, je me suis laisse aller a cracher sur une voiture qui avait prefere prendre le risque de m'ecraser plutot que ralentir. Les routes indiennes me poussent parfois a bout. Pour une fois, la fenetre cote passager etait ouverte et le siege etait occupe... par une bonne soeur occidentale. Mon entree au paradis est compromise.

- 'what is your native place'
- 'Belgium'
- ...
- 'a little country between Germany and France'
- (vexe) 'yes, I know Belgium. Ronaldinho, Kaka'

Et c'est reparti! Nous voila Inde.

Le 27 octobre, 3 heures du mat', nous debarquons a l'aeroport de Kochi (qui est en fait a 40 km de la ville meme!), apres avoir passe le continent europeen et l'Arabie en courant d'air avec toutes nos apprehensions sur l'Inde (Conduisent-ils vraiment comme des fous? Saura-t-on rouler?Vont-ils tous nous sauter dessus et nous toucher? Vont-ils ouvrir nos pochettes velos a chaque seconde d'arret? Vont-ils me mettre la main au cul? Vais-je me sentir etouffee? La pauvrete va-elle m'accabler?...).

Nos velos sont sains et saufs. Reste plus qu'a les monter, a l'interieur de l'aeroport bien sur, car on craint l'attroupement.

Nous voila dehors et... rien ne se passe. Personne ne nous tire les manches. Le jour a eu le temps de se montrer. Il y a encore peu de circulation. On prend un the en face, on laisse les velos contre la facade... Tout va bien mais on est claque avec ce decalage horaire! On se trouve un petit hotel a 2km de la.



Ces craintes ne se sont pas revelees fondees. Pas entierement. Apres 6 semaines, je trouve l'Inde aussi belle qu'epuisante; aussienervante que fascinante.

Apres avoir mange notre premier plat dans un bouiboui, en route pour Kochi ville.

Il y a beaucoup de circulation sur les routes mais en fait, c'est le pied! Il faut 'juste' eviter les cars et camions de face et faire gaffe aux 'rickshaw' (les taxis motos a 3 roues; ils oublient trop souvent qu'ils ont une troisieme roue!). Et bien entendu, rester toujours bien concentres (chiens, chats, poules, etres humain, vaches et meme porcs -a Goa- peuvent nous couper la route!).

Sans aucun doute les routes les plus dangereuses du voyage. Mais on s'habitue. Il suffit de se jeter dans le fosse quand un car depasse en 5eme file en face de toi (pour la premiere fois, on ressent qu'ils prefereront nous ecraser plutot que se rabattre si on tente l'epreuve de force) ou quand on te klaxonne plus de 5 fois en 10 secondes. La regle sur les routes et dans la societe indienne est assez simple: tu t'ecrases devant plus fort que toi et tu meprises les plus faibles. Derangeant de l'appliquer au debut mais on s'y fait en trouvant malsain son cote jouissif.

Mes premieres impressions: : 'Merveilleux! Haaa... de retour!' Pleins de sourires de femmes d'une magnifique beaute dans leur sari colore. Nos apprehensions du depart se sont envolees des le premier jour. Meme au niveau de la pauvrete et de la mendicite, du Kerala au Karnataka, on ne les ressent pas.

Le Kerala

Mais ou sont les temples hindous?? On ne voit qu'eglises et mosquees... et meme une synagogue! On croisera quelques temples tout de meme! Le plus choquant, ce sont ces femmes vetues de bourqua; contraste entre les hindoues et chretiennes colorees (meme les hommes portent les fleurs) et ces femmes noires des pieds a la tete! (je laisse mon discours feministe pour plus tard...) . Meme les maisons sont colorees!... ainsi que les mosquees. Le nombre de femmes burquachees est impressionnant. Plus d'une femme sur deux dans certains villages. On ne s'y attendait pas. Peut-etre les nombreux indiens qui travaillent a Doha ou Dubai en ramenent-ils un islam (et un capitalisme) dur(s)?


De Kochi, on descend jusque Varkala (plage avec falaises) mais pas plus bas car... c'est toujours la mousson (ca nous apprendra a nous renseigner un minimum. Apres la mousson dans le sud, on se prepare a affronter l'hiver dans l'Hymalaya), et au sud, c'est pire!

Kochi

Varkala

Notre premiere experience tente-jardin, a 80km de Varkala, chez la famille de Kuku: tres epuisant! Pas beaucoup dormi (n'hesite pas a nous reveille juste pour nous 'montrer' a un voisin), difficile de s'en aller (petit dej. chez le frere, visite de la soeur, des voisins...) mais sympa.

La tente etait heureusement a l'abri!

Sur la route:He oui! C'est bien Lourdes! Et on n'en a pas vu qu'une seule!

Pause the

On remonte donc a l'interieur des terres, vers Munnar, vers les plantations de the, cafe, epices et meme cacao. Les routes sont plus tranquilles, plus petites. C est magnifique: grandes etendues vertes sur les colines. Sur la route, avant les plantations de the:

Quelques km apres Verkala.

Pause limonade devant le poste de police.

Pathanamthitta

Nous avons notre deuxieme experience chez l'habitant, 6km avant Kottaraka, le jour de la grande fete hindoue. La "fete des lumieres" consiste a a faire exploser des petards toute la soiree et... pour notre hote... boire du rhum... et etre tres chiant! Il enmenera meme Tof sur sa moto... Encore une experience tres fatiguante. (je ne sais pas quel etait le meilleur moment: quand on s'est fait jeter d'un bar par la securite apres qu'il ait insulte les hotesses? quand il a failli nous encastrer dans une jeep? ou quand il a reveille Ariane a 22h pour la forcer a honorer le repas alors qu'elle etait malade?) Les jours suivants, on se rabat sur les petits hotels (lodge, home stay, tourist home), Gouvernement Resthouse (pistonnes par la police), les Home stay de super luxe et les missions!

A Teekoy, alors que nous attendions que l'averse se passe en jouant au backgamon, un homme nous invite dans son Home stay a quelques centaines de metres de la. Il y a en fait un car de touristes francais (et une Belge) qui y sejournent. A notre agreable surprise, le couple de proprios nous invite reellement a passer la nuit dans cette magnifique tente sur le toit avec luxueuse salle de bain , a souper la meilleure preparation de poisson. Le lendemain, avant de partir, ils nous servent le cafe avec un gateau de riz maison. C'etait super gentil. De plus, notre compatriote nous a laisse quelques medicaments bien utiles...

Petite surprise lorsque je prends ma douche: un serpent passe tranquillement sa route.

Nous voila donc dans les GATHS occidentales. Il y a eu d'abord les montagnes avec les feuillus et les palmiers, ensuite les thes et les cafes.
C'est clair; la mousson n'est pas terminee. Nous sommes trempe jusqu'aux os, les routes se transforment en torrents et... pas un lodge ne nous admet!


Nous nous rabattons donc sur une mission pentocastale, a Ellapara. Nous sommes loges dans un batiment en construction, bien a l'abris de la pluie. Ils nous apportent meme deux lits!. Le bon plan. Sauf que... alors que nous dormions... un pretre nous reveille, la torche dans la tronche, pour nous "interroger"! Imaginez: nous deux en tenue de nuit sur nos lits entoures de huit personnes (l'une s'amusant avec la pompe velo, l'autre essayant de se mettre notre casque... a l'envers...) et un pretre nous assaillant de questions. (ca nous apprendra a dormir chez des pentcotistes primitifs -c'est eux qui le disent) A 7h10: reveil et petit dej. chez un ancien employe des plantations de the. Il nous les fait visiter apres nous avoir donner un petit cours de botanique (cardamone, tapioka...). Super matinee.



La troisieme experience chez l'habitant sera la meilleure. A 17 km de Munnar, une jeune hindoue nous accoste sur le chemin et propose de visiter sa maison. Resultat: nous passons la soiree et la nuit dans une petite maison modeste d'une famille de 4 enfants. On passe la soiree a jouer aux cartes, on nous prepare un 'fish curry', on me vernit les ongles, Tof fume des beedies et mache le betel avec le papa, on s'habille local ('night dress' Ariane et pagne du pere pour Tof) et on nous offre une belle decoration frontale. Une famille super qu'on a difficile a quitter le lendemain.






Nous ne restons qu'une nuit a Munnar car les prix sont trop eleves (conges indiens).



Le lendemain, on monte jusqu'a la Top Station. Paysages magnifiques (restes en memoire seulement car notre vieil appareil photo nous a joue un mauvais tour... Au fait les parents, on a pense a notre cadeau de noel ... :-) Par contre, d'innombrables touristes indiens - dont une classe de 300 eleves en excursion - nous ont dans leur album photo).



Nous ne ferons qu'un passage eclair au Tamil Nadu, en passant par la "reserve aux tigres"! Tres impressionnant de pedaler dans une zone sauvage, sur les traces des elephants sauvages.
Sur les panneaux a l'entree, nous lisons: ' pour votre securite, n'arretez jamais votre vehicule'. Heureusement, les elephants ne prennent cette route que tres tot le matin et apres 17h! Et les tigres ont sans doute ete extermines.

De Malappuram jusqu'au debut du Karnataka, nous sommes en terre musulmane avec ces femmes a burqua. L'ambiance y est differente (en plus, c'est la fin du ramadan et les jeunes sont... un peu "affames"!).


Le Karnataka


Sur la route:


Fete hindoue du Diable, a Coondapoor.

"Ferry" reliant les petits chemins cotiers.




Notre deuxieme experience religieuse ('"Say no to drugs, say yes to Jesus", comme ils disent): une eglise catholique (et couvent) a Mirjan, pres d'un vieux fort.


Le lendemain matin, on prenait le the devant ces pierres vieilles de plusieurs siecles qu e j'explore comme un gosse dans un chateau (puits geants, sous-terrains secrets, vues sur les palmeraies et les rizieres...).



Notre trajet au Kerala: